23.04.2011
Pourquoi la Macédoine ?
Pourquoila Macédoine ? C’est sans doute la question que j’ai le plus entendue avant d’entreprendre ce voyage. Pourquoi la Macédoine ? Ca a commencé avec les proches, les amis, les collègues, ça s’est même poursuivi à Orly avec ce sympathique jeune français d’origine macédonienne en route aussi pour Skopje, puis ça a continué tout au long du voyage et en fait ça ne s’est même pas arrêté après le retour. Pourquoi la macédoine ? Quand j’y pense, je ne sais même plus vraiment pourquoi. Tellement d’autres destinations étaient possibles, mais il se trouve que celle-ci a surgi au bon moment et qu’elle a représenté à cet instant T la quadrature du cercle pour moi et pour mon compagnon de voyage, Cédrico. Affaire de timing donc comme à peu près tout ici bas. Inutile de revenir en détail sur l’inintéressant processus et les contraintes qui ont donc imposé cette destination. Une chose est sûre, une fois lancés, Cédrico et moi avons été à fond, dans l’excitation pour découvrir cette terre inconnue. Et c’est peu de dire que nous n’avons pas été déçus.
Pourquoi ce site ? Ca c’est une question que personne ne m’a encore posée, mais qui ne m’a pas quittée depuis que j’ai commencé à pianoter sur mon clavier pour le faire naître. L’idée de rendre un peu de ce qu’on a reçu au départ, de faire connaître cette destination, de marquer le coup à ma façon. Une sorte de pari avec Cédrico – qui a d’ailleurs un film à faire…-, de défi envers moi-même, de promesse informelle faite au pays au sommet de Kokino. Pourquoi ce site ? Question moins importante quand finalement j’ai décidé de m’y mettre, moins importante que le comment ? J’ai un peu hésité sur la forme. Progressivement, je me suis même éloigné de mon idée de départ. Non, ça ne serait pas un blog photo, parce que je ne suis pas forcément fan de ce genre de blogs, parce que j’estime ne pas avoir de photos magnifiques et parce que ça ne correspondait pas à mon envie. Ce ne serait pas non plus une sorte de guide de la Macédoine comme je l’ai envisagé un moment, avec histoire, tips et cie, parce que même s’il n’y en a pas encore des masses, il y a quand même des guides et des informations sur le net pour cela.
Alors quoi ? Je ne sais pas vraiment, une sorte de récit de voyage à l’ancienne. De ceux qui noircissaient les carnets des bourlingueurs. Un mix indéterminé avec bien sûr des photos, de l’histoire, mais aussi des anecdotes, des aventures et un peu de tout et de rien. L’idée ? Faire revivre notre voyage et peut-être donner l’envie d’aller voir par là-bas. Je ne suis pas sûr que tout cela ait grand intérêt et forte audience, mais peu importe. Le monde se divise en 2 catégories : ceux qui jetent des bouteilles à la mer et les autres. Mon camp est d’autant plus facilement choisi que je sais qu’au moins une personne captera mon message : Cédrico.
Nous partîmes donc 2, lui et moi. Anonymes. En Macédoine.
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Skopje, instant zéro
Après avoir récupéré notre petite Yaris - qui va avoir le charme de ne pas connaître une seule emmerde toute la durée de notre voyage - chez le loueur, nous voilà sur la route pour Skopje. Nous ne savons pas vraiment à quoi nous attendre. Cédrico est surexcité. Comme d’habitude diront ceux qui le connaissent, mais je pense que c’est surtout l’odeur de l’inconnu et de l’inattendu. Il ne sait pas trop à quoi s’attendre en arrivant là. Moi, un peu plus. Et lorsque nous atteignons la capitale, mes craintes sont confirmées par le paysage urbain environnant et par les exclamations de mon compagnon de voyage. Nous sommes à Skopje, on dépasse allègrement les 30°C et c’est sacrément moche, nom de Dieu. Ca peut sembler dur comme assertion, mais c’est le genre d'opinion qui ne peut venir que de quelqu’un qui n’a pas vu les horribles merveilles qui jalonnent la cité, des succédanés de réalisme socialiste un peu partout. La vue de ces buildings est offensante pour n’importe quel urbaniste moderne et sensé. C’est aussi ça les pays de l’Est. Ce ne sont pas les multiples chantiers qui poussent de manière anarchique dans la ville, porteurs de nouvelles désillusions architecturales qui vont changer grand-chose à l’affaire. En fait, cet espèce de désordre, de vétusté, de laideur et de désharmonie tout autour de nous n’a rien de surprenant pour qui a déjà vu des villes du tiers-monde. Sauf qu’on est en Europe. 600 000 personnes vivent donc là.
Le temps de se familiariser avec la ville, on découvre même la présence de fabriques industrielles en pleine ville. Il faut pousser jusqu’à la place Macédonia, histoire de voir le cœur de ce capharnaüm urbain. C’est une place gigantesque - quasiment inscrite dans le génome de toute ville ayant connu le joug de l’Est – qui a le bon goût d’exhiber plusieurs statues à ses bienfaiteurs dont Josip Broz a.k.a le maréchal Tito de son petit nom. Elle doit-être pas mal pour les grandes manifestations, cette place, c'est d'ailleurs pour cela qu'elle a du être pensée. Pour le reste, le grand vide. Je me rends compte de la dureté de mes termes, mais je crois bien exprimer ce que nous avons ressenti au moment de nos premiers pas dans la ville. Dans quoi nous sommes nous embarqués ?
Heureusement, bien entendu, nous avons poussé plus loin notre exploration, le temps de découvrir, bien sûr, que Skopje, ce ne sont pas que des horreurs. Il y a aussi le Bazar, dont je vous dit un mot plus loin, qui est à voir, mais pas seulement. D’autres petites pépites qui font aussi l’objet d’une autre note sont disséminées dans le déferlement défigurant du béton de la capitale macédonienne.
Skopje, instant zéro, point de départ de la boucle, là où tout commence et là où tout finira donc. Je regarde la statue du maréchal depuis le vieux pont turc et d'un coup je pense à un vieux film que j'ai vu dans mon enfance. Tito et moi de Goran Markovic. Je m'en rappelle vaguement. Je me souviens de la rédaction que doit écrire un petit Yougoslave pour faire partie d'un défilé sous les yeux du fameux maréchal: "aimez vous le camarade Tito et pourquoi ?". Attention, question piège, je pense à Milan Kundera et à la plaisanterie, j'aperçois Cédrico qui n'arrête pas de rigoler. "Le dernier stade avant l'oubli, c'est le kitsch" (Milan Kundera).
07:23 Publié dans Skopje | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tito, statue, place
Alexandre peut-être, le grand un peu moins...
Avant d’attaquer le bouzin, sachez que Macédoine, officiellement, c’est ARYM, ancienne république yougoslave de macédoine donc ou FYROM en anglais. What the f… ? Une dispute avec les grecs – pas trop aimés dans le coin donc – sur l’usage du nom macédoine qui dure depuis l’indépendance du pays après l’éclatement de la Yougoslavie et qui semble ne pas vouloir prendre fin. D’ailleurs, la petite guéguerre se poursuit aussi sur le drapeau et sur la réappropriation par les macédoniens d’Alexandre le grand. Toujours est-il qu’Alexandre le grand, c’est justement le nom de l’aéroport de Skopje auquel nous arrivons après une brève halte par la Slovénie avec Adria Airways.
Autant le dire tout de suite, à l’arrivée il fait une chaleur étouffante sur le tarmac et l’aéroport Alexandre n’a rien de grand en fait. Au maximum, 2 hangars, dont celui des arrivées qui permet à peine à 2 files de voyageurs de voir leurs passeports contrôlés. Pourquoi raconter ça ? Parce que le voyage a commencé sous des auspices pas forcément favorables. 1H après avoir atterri nous étions toujours chez l’ami Alexandre. Pourquoi ? Premièrement parce que nos amis les douaniers macédoniens se sont montrés incapables de retrouver mon pays à la con dans leur outil informatique. Vous savez comment on dit Côte d’ivoire vous en macédonien ? Quand je revois la tête du douanier mort de rire devant mon passeport, ça me fait sourire aujourd’hui. Cédrico n’en revient pas. Il ne devrait pas. Le mec baragouine qu’il ne peut me laisser entrer dans le pays malgré mon visa et bla bla bla jusqu’à ce qu’un employé plus doué me sorte de ce mauvais pas. Ils étaient déjà 3 depuis un moment…
Je suis coutumier de genre de mésaventure et c’est à chaque fois cocasse mais Cédrico n’aurait quand même pas du rigoler. Pourquoi ? Son bagage est resté à Orly dans le bordel monstre qu’était l’aéroport ce jour là. Heureusement, l’employée des bagages perdus est une femme très compétente et souriante qui prend les choses en main et nous permettra de retrouver le bagage dès le lendemain.
Heureusement surtout, ces incidents ne présageaient rien de mauvais pour la suite du voyage.
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